Le Corps, ce « moi » négligé

Parfois, même en étant en cheminement, même en ayant déjà pas mal cheminé sur sa propre histoire, même en ayant compris des choses, ressenti, libéré… on peut avoir du mal à rester habité par une confiance acquise au fil du chemin parcouru. On peut avoir l’impression de retomber dans de vieux schémas, d’anciens soucis, d’archaïques réflexes…

Pendant un temps de ma thérapie, j’ai lu beaucoup de livres sur le corps: Thérèse Bertherat et son anti-gymnastique, Alexander Lowen et sa bio-énergie, Alice Miller dans son livre « Le corps ne ment jamais », etc… mais ceux-ci sont ceux qui m’ont le plus éclairée et permis de faire des liens, de sentir dans mon propre corps que mon histoire s’y était inscrite. Combien de larmes refoulées cachées sous les tensions musculaires, combien de colères étouffées dans le ventre, quel vide anesthésié dans la poitrine… Quand les choses ne vont pas comme je voudrais qu’elles aillent, quand je me sens « mal », quand une angoisse me terrasse, j’ai remarqué que revenir à mon corps, à ses sensations, à mon ressenti intime m’aidait à me brancher sur des choses qui veulent peut-être être entendues, exprimées, « sorties ».  Je ne connais pas beaucoup d’accompagnements psycho-corporels, j’ai fait l’expérience de l’haptonomie en thérapie, qui m’a énormément aidée, je sais qu’il existe des thérapeutes qui travaillent avec le corps, mais souvent on nous parle d’énergie, ou de chakras, et cela ne me parle pas. Parce que c’est trop abstrait pour moi, pas assez « réel ». Tandis qu’un toucher accompagné, ça me parle. « Une main qui parle, un mot qui touche » comme dirait Marie de Hennezel ( également formée en haptonomie). La présence d’un autre pour m’aider à rester en contact avec moi même, ça me parait très très important. Parce que mon corps, c’est moi. Les théories des approches psycho-corporelles parlent de cette impression dans le corps de toute une histoire de vie. Mais attention je ne parle pas que de douleurs, de blessures et de traumatismes. Ils sont là, en nous, certes, mais  dans notre corps il y a aussi la force de vivre, de tenir debout ( ou couché pour certains), d’être présent. Ce corps qui m’a portée jusqu’à aujourd’hui c’est moi, et si je prends le temps de l’écouter, il peut m’indiquer bien des choses. Rien que le fait de l’écouter me fait du bien. C’est tout un chemin pour certains de se réconcilier avec ce corps, qui a pu être vécu comme encombrant, source de douleurs, maltraité, abusé, relégué au rang de « pêché de chair incarné », mais accepter son corps c’est s’accepter SOI. Se porter, être responsable de soi, pas victime, pas boulet, pas dictateur. Être en paix avec ce corps et pouvoir s’en rapprocher, c’est pouvoir se voir soi et se sentir tel que l’on est avec toute sa force aussi.

Et puis en le bougeant ce corps qui est le mien, en le massant, en courant, en marchant, en étirant mes muscles, je me sens plus vivante encore ( je en citerai même pas les études qui font le lien entre l’activité physique et le moral en hausse). Le bouger en respectant ses limites et goûter au plaisir de pouvoir le faire. Mais le faire. Et ça c’est parfois tout un défi car on le néglige souvent ce corps. On le néglige ce « moi » là, qui nous accompagne pourtant toute notre vie.

Alors si vous me lisez et vous sentez un peu mal, ou très mal, prenez soin de votre corps, un petit geste, un petit massage, une petite respiration, un gros bâillement, un étirement… là… restez en contact avec qui vous êtes, avec votre corps. Votre corps c’est vous. Et avec lui vous êtes plus fort.

 

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