Le temps, l’efficacité, l’accompagnement, les outils

Après avoir étudié et expérimenté plusieurs outils, approches, visions de l’Accompagnement, j’ai envie de vous partager un peu mon point de vue personnel sur tout ça. Quand on entame un travail sur soi, on peut vouloir aller profond, ou on peut vouloir juste se débarrasser des symptômes, d’un mal-être, ou résoudre un souci relationnel, professionnel. Parfois on s’aperçoit que des symptômes quels qu’ils soient, sont reliés à quelque chose de vieux, de profond ou d’ancré en soi ( schéma « mental », affectif, lacunes dans la construction de soi, manque de confiance profond, etc.). Parfois un outil ou quelques rencontres permettent de dégager le terrain, d’y voir plus clair et de repartir d’un pied ferme et positif. Mais pas toujours. On voudrait des thérapies rapides, efficaces, on voudrait que ça aille mieux, vite, et que ça dure. Dans cette optique j’ai beaucoup apprécié l’approche TCC de la dernière vague ( ou avant dernière??) la thérapie des schémas, l’A.C.T ( Acceptance and Commitment Therapy). Ces approches se basent sur des analyse de schémas spécifiques, des modes de pensée qui font souffrir, mais, chose « nouvelle » à mes yeux, moi qui étais un peu réfractaire face aux TCC de 1ère et 2è vague car je les voyais comme des « petits trucs qui marchent 3 mois », ces approches insistent sur la RELATION avec le thérapeute. La bienveillance bien sûr mais aussi le reparentage partiel, une relation vraiment « poussée »… humaine quoi!

Et même si j’aurais aimé découvrir LA méthode qui permet à la personne de se guérir très vite, mon expérience m’apprend plusieurs choses:

1- il existe des outils vraiment efficaces ( hypnose, exercices TCC, Analyse Transactionnelle, autres approches parallèles comme énergétique, somatothérapie, psychogénéalogie…)

MAIS:

2- on ne peut les dissocier d’un accompagnement sur du plus long terme, basé sur une RELATION claire et saine, afin de permettre une réorganisation de « schémas » ( par ex quelqu’un qui aura vécu la trahison et a du mal à faire confiance aura besoin de temps avant de me faire confiance et de faire l’Expérience que maintenant elle peut sentir à qui faire confiance et que ça peut être BON de faire confiance). Cette relation à l’Autre sera la base d’une relation à soi et aux autres pour la suite. Le miroir tendu dans le cadre d’une séance d’accompagnement donne à la personne accompagnée un accès à ses ressources à elle, sur lesquelles elle va pouvoir s’appuyer, et ainsi amplifier les effets des « outils ».

Alors mon avis: les outils oui, mais seuls non. La relation oui, et elle peut suffire à aller BIEN MIEUX, mais pour régler des problèmes précis, elle peut/doit être doublée d’outils, d’exercices à faire seul ou avec l’accompagnant. C’est un subtil mélange d’Actions, de passages à l’acte, et d’une relation basée sur l’écoute, l’empathie, la bienveillance, l’authenticité ( qui peut être confrontante parfois!)

Aller vite c’est possible mais il faut aussi accepter que des choses qui ont mis des années – voire des décennies –  à se construire et se cristalliser ne vont pas fondre comme neige au soleil parce qu’on aura libéré telle émotion ou telle tension. Parfois quand on a l’impression de piétiner, un petit outil, ou un exercice, peuvent donner un coup d’accélérateur. Mais pas toujours. Des fois les outils débloquent un truc lourd, des fois non. Parfois il faut juste le temps au temps. Et ça dépend des gens.

Ce qui me fait dire que oui vraiment, ça prend « toute une vie pour se mettre au monde »*

(* titre d’un ouvrage de Marie de Hennezel et Bertrand Vergely)