En attendant le déclic ( ou La résistance au changement)

Admettons qu’on ( moi, vous) soit arrivé à un point où l’on a pu identifier nos freins, ce qui nous fait peur, ce qui nous motive, ce que l’on veut ( comment ça j’ai sauté des étapes? Le web REGORGE d’articles, blogs, vidéos et outils d’auto-développement pour faire ce chemin… il puis il y a aussi de bons coachs, de bons psy, voire même de bons praticiens de la relation d’aide 😉 qui peuvent nous aider) Bref, admettons qu’on en soit là. On sentait bien que quelque chose n’allait pas dans notre vie, on a fait un chemin de réflexion, prises de conscience, nettoyage, nouvelles connaissances… On sait ce qu’il faut faire, dans quel ordre ou à peu près, on sait de quoi on est capable, on connait les risques, les avantages et inconvénients possible de passer à l’action. On se sent mal, enfin tout dépend des jours, en tout cas on ne veut qu’une chose: que ça change, on veut y aller quoi! Et pourtant… on se replonge automatiquement dans ses habitudes que l’on soupçonne fortement d’être néfastes ( manger vite et/ou mal, fumer, trainer sur le web pour regarder des conneries, re-fumer, re-boire un café, ne pas faire de sport, critiquer ses collègues de bureau etc, etc). Pourtant, on sait par où commencer. On a peut être même déjà commencé, plusieurs fois, et parfois pendant plusieurs semaines, des mois! Et des fois avec des résultats plutôt sympas: on se sentait mieux en mangeant moins, on avait plus de pep’s en allant courir 3 fois par semaine, on s’aimait davantage en étant plus positif, on progressait pas mal à la guitare en pratiquant régulièrement… Mais alors, qu’est ce qui fait qu’on n’a pas continué ( parfois même pas commencé)? Qu’est ce qui fait qu’on n’y va même pas ou qu’on abandonne? On se sent seul au monde: y’a des tas de gens qui un jour ont eu ce courage de faire des changements, y’en a qui ont eu LE déclic, THE déclic qui a « changé leur vie ». Il y a aussi des tas de gens qui ne se torturent pas l’esprit et ne pensent même pas à changer quoi que ce soit, continuant leur petit bonhomme de chemin… tant bien que mal.

Il parait que tant qu’on a moins d’avantages à changer qu’à ne pas changer, qualitativement parlant, il est très difficile de bouger. Comprenez: tant qu’on n’a pas touché le fond, point de déclic. Mais le fond ça peut aller très loin. Qu’est ce qui fait que certains fumeurs arrêtent la clop par choix raisonné, motivation personnelle, comme ça, juste parce qu’ils veulent prendre soin de leur santé, tandis que d’autres, sur un lit d’hopital après une pneumonectomie, ne rêvent que d’une cigarette vite vite là tout de suite?

Nous avons tous des degrés divers d’endurance à la douleur, pas seulement physique mais psychique. Doit-on atteindre le point névralgique sublime et total pour enfin pouvoir passer à l’action? Certains semblent ne jamais l’atteindre et meurent sans être jamais passés à l’action.

Alors, qu’est-ce qui fait que…????

Et si c’était la peur? La peur d’enfin oser être soi, à travers des changements bénéfiques? La peur de devenir qui on est? La peur de rencontrer enfin des rêves qui semblaient bien loin, mais qui se rapprochent dangereusement. Or, un rêve qui se réalise n’en est plus un. Certains préfèrent rêver leur vie. Il y a peut être aussi le danger de devenir heureux: est-ce bien raisonnable? N’y a-t-il pas une fidélité sous-jacente ( du style « dans ma famille personne n’est heureux alors bon, je vais quand même pas détonner! ») ? Y ai-je droit? Et puis d’abord c’est QUOI le bonheur?

Je crois qu’ il s’agit d’une question d’amour de soi. Si on s’aime on va prendre soin de soi, adopter une discipline qui nous fera sentir mieux, et les habitudes répétées donnant sa couleur à la vie, donner une orientation à la vie qui est la nôtre. Si on s’aime on aura moins peur.

Si je ne m’aime pas profondément, je ne ferai pas les bons choix pour moi. Je vais sans cesse retomber dans mes travers, mes « mauvaises habitudes », rester victime et impuissante finalement.

Faire un chemin tout seul, c’est difficile. C’est pourquoi j’ai choisi d’en faire mon métier: accompagner ceux et celles qui, comme moi, sentent ou pressentent qu’il est primordial de rencontrer la personne que l’on est vraiment pour vivre sa vie à partir de qui on est et non pas un semblant de vie à partir d’un personnage plus ou moins reluisant. Il faut du courage pour oser déposer ses masques, changer ses habitudes, chercher sa voie, accepter le doute et les non-sens parfois. Mais en chemin ( le bout du chemin je ne sais pas s’il existe) il y a la plénitude de se sentir vivant, en mouvement. Et l’amour. De soi, des autres, l’amour que l’on donne, que l’on s’autorise à recevoir et à goûter. Je vous le souhaite, de tout coeur. Il n’y a pas UN déclic, il y a DES déclics. Et parfois ils passent inaperçue. On se rend compte des mois plus tard que « Tiens je ne fais plus ceci ou cela » « C’est drôle avant j’aurais réagi comme ça mais là c’est différent… » on a grandi. L’accompagnement permet grâce à la relation établie d’explorer son potentiel humain. Avec ou sans déclic, on est toujours gagnant.

 

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Une réflexion sur “En attendant le déclic ( ou La résistance au changement)

  1. C’est en effet essentiel de se faire accompagner pour apprendre à prendre soin de soi. Personnellement, l’accompagnement dont j’ai pu bénéficier m’a permis d’accepter que le chemin vers moi ne se faisait pas en un jour ni à partir d’un évènement soudain qui aurait tout changé. Je découvre ces derniers temps un ressenti de vide. J’ai commencé à changer des choses dans ma vie il y a 2 ans déjà et cependant je sens que je ne vis pas encore ma vie à moi. J’ai le sentiment d’avoir vécu une tension constante à l’extérieur de moi pour satisfaire les attentes des autres – famille surtout – et ce depuis longtemps. Aujourd’hui, j’ai pris conscience de cette tension et en la laissant partir petit à petit, j’ai l’impression de traverser un «sas», un «void» un espace vide. Cela se traduit parfois par de la tristesse (on sait ce que l’on laisse derrière, même si ce n’est pas idéal), tristesse de faire le deuil d’une certaine habitude d’être pour aller vers un habitat d’être. Je sens que je ne peux revenir en arrière tout en ne sachant pas ce qui m’attend. Excitant et un peu inquiétant de se dire que l’on ne sera plus la même «personae» pour devenir la vraie personne que l’on est à l’intérieur. Je ne savais pas en décidant de me faire accompagner où cela me mènerait, ce que je sais avec certitude est que je ne retournerais pour rien au monde «en arrière». Être entendue, accueillie et écoutée m’a vraiment aidée à avancer et à dépasser des peurs qui faisaient que je restais «coincée» dans un certain état.
    Le témoin bienveillant qu’est la personne accompagnante nous ouvre les portes de relations humaines guérissantes et confirmantes. D’ailleurs, si j’avais une baguette magique, je mettrais au programme scolaire : apprendre à être en relation avec les autres sans le moindre soupçon de concurrence !

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