Qui suis-je

Née en France en 1976, j’ai eu la chance d’avoir une soeur voyageuse, et des parents généreux… qui m’ont donné le goût du voyage et permis d’aller étudier au canada quand j’avais 19 ans. Après un Bac littéraire passé en France, je suis donc partie vers Montréal pour étudier l’anglais ( ce qui fit beaucoup rire mes copains québécois, ardents défenseurs de la langue française… pour eux venir apprendre l’anglais au Québec c’est un peu comme faire du ski  sur la plage). Après un an d’études anglaises, j’ai trouvé un programme qui correspondait à mon profil d’après les tests du bureau d’orientation: l’enseignement du théâtre… J’ai donc fait un baccalauréat ( c’est ainsi que s’appelle la licence, enfin le truc bac+3 au Québec) en enseignement de l’art dramatique. Ce diplôme d’enseignante m’a ouvert les portes des écoles et collèges, où j’ai essentiellement travaillé comme suppléante pendant des années avant de prendre un poste dans ma spécialité. Entre temps, je me suis mariée, j’ai eu un enfant, des chiens, j’ai commencé une thérapie… un travail sur moi. J’ai essayé diverses approches: psychologue, psychothérapeutes, hypnothérapeute, psychogénéalogie…  un chemin parfois difficile, plein de surprises ( le petit travail de départ avait pour objectif de me débarrasser de crises d’angoisse récurrentes dont je n’arrivais à me libérer malgré de multiples lectures sur la force de la pensée positive), un chemin qui m’a emmenée là où je n’aurais jamais cru aller. Juste avant de commencer ce travail, j’avais déjà l’idée d’étudier la psychologie pour en faire mon métier. Mais j’avais alors lu un livre sur la relation d’aide dont l’auteur nous mettait en garde « Ne faites pas ce métier pour vous fuir en vous occupant des autres. Travaillez sur vous mêmes avant de prétendre aider qui que ce soit » … alors j’ai étudié l’enseignement et je suis partie en thérapie. Pendant 10 ans. J’ai trouvé la bonne personne pour m’accompagner sur le long terme après avoir frappé à plusieurs portes. Ce travail sur « moi » m’a ouvert tellement de portes… Je me sentais égocentrique et j’avais honte, au début, d’être « dysfonctionnelle », d’avoir besoin d’aide( moi? besoin d’aide? Mais non je me débrouille!!), de ne pas être capable de m’en sortir toute seule, j’avais peur de devenir égocentrique, égoïste, en parlant de moi, moi, moi. Puis j’ai compris, et ressenti, et fait l’expérience que bien plus qu’une démarche nombriliste, le travail sur soi est un acte courageux de prise de responsabilité. « Il faut libérer le monde de nos blessures » écrivait Christiane Singer. Libérer le monde de mes blessures, c’est à dire prendre soin de ce qui en moi fait tellement mal que j’en deviens inadéquate envers les autres… me guérir pour ne pas blesser les autres. Un peu comme tousser dans sa manche et se laver les mains pour ne pas contaminer les autres avec sa grippe… En prenant soin de moi, en accueillant mon mal être, je ne demande plus à quiconque de le porter, de m’en soulager, de m’en distraire, de me rassurer: je deviens responsable de moi, de ma vie, et je peux ainsi enfin me tourner VERS les autres. M’aimer. Moi? M’aimer? Oui oui oui… parce que si je ne m’aime pas, comment puis-je m’ouvrir à l’amour de l’Autre? Honorer ce cadeau de l’amour qu’il me fait? Si je ne m’aime pas, comment vais-je apprendre à mon enfant à s’aimer, à être bien dans sa peau? On apprend par imitation…J’en sais quelque chose, fille d’une mère qui ne s’aimait pas. Guérir, s’aimer, aimer. Tout  un chemin… 10 ans… le prix de nombreux voyages passés dans un cabinet de psychothérapie. Je ne regrette absolument pas ce voyage intérieur. Même si parfois il m’a fait suer.

Après 15 ans passés au Québec, les hivers devenaient de moins en moins rigolos et de plus en plus froids. Nous avons décidé de revenir en France et nous rapprocher de la nature.

J’ai décidé de me former et de devenir ce dont j’avais envie depuis bien longtemps: praticienne de la relation d’aide. Redonner, transmettre ce qu’on m’avait donné: la relation comme base d’un accompagnement humain, afin de permettre la guérison des blessures, restaurer la confiance, retrouver son humanité, se sentir vivant.

Je suis encore en chemin.